La photo du jour

Introduction

undefinedMais qui c'est cette cigale qui se prend pour une fille ? Ou cette fille qui se prend pour une cigale ? Et cette histoire de fourmis, c'est quoi au juste ?

Bonjour ! Je m'appelle Cinderela, cigale de mon état, et je vis avec mon chat-rançon angora, Chat-Limar, chat politique et chat-teigne certifiés.  Quant aux fourmis mes voisines, mais pas nécessairement mes copines, c'est une longue histoire... lisez plutôt  les derniers articles en ligne ! Ou allez faire un tour chez Les équipières où je coblogue avec les copines.

    Si j'étais un objet je serais un vase à pieds - Pour me déplacer dès que les autres ont le dos tournéundefined
    Si j'étais un animal je serais une cigale - Je chanterais tout l'été et sur les blogs m'amuserais
    Si j'étais un fruit je serais une fraise Tagada - Pour être assortie à mon chat à moi   
    Si j'étais un vêtement je serais une écharpe - Flashy, rigolote et surtout pas tarte
    Si j'étais une couleur je serais orange - Pour briller et embraser tous les coins étranges

 

 
Bienvenue à toi, ami insecte de passage sur ce blog. 
Samedi 29 décembre 2007
Lundi, Livie se sent débordante d’énergie et très motivée.
Le matin, oral : Don Juan, la scène de la statue du commandeur. Facile, se dit Livie, mon texte préféré, c’est un signe du destin. Et elle réussi très bien son épreuve.

L’après-midi, commentaire de texte : Il ne m’est Paris que d’Elsa, d’Aragon. Re-facile !  Livie est aux anges, ce texte est merveilleux, romantique à souhait. Elle regarde fréquemment du côté d’Augustin et lui fait des signes mais celui-ci ne lève pas les yeux de sa copie.

Trois heures et trois copies doubles plus loin, elle dévale enfin les escaliers de la salle d’examen. Elle repère Augustin dix mètres devant elle, se met à courir et le rattrape à la sortie du bâtiment.

« COUCOU ! Alors, ça c’est bien passé ? Tu es content ? Tu as vu le texte que l’on a eu ? C’est une sacré coïncidence, hein ? Livie s’arrête de parler pour remonter son sac sur son épaule et reprendre son souffle.
- Bof, répond Augustin.
- Bof, c’est tout ? Dire qu’on nous en a fait tout un monde de se bac blanc, en fait, c’est toi qui avait raison, inutile de se prendre la tête pour ça.
- Ca c’est toi qui le dit, répond Augustin du bout des lèvres.
- Au fait, si on retournait à la patinoire jeudi prochain, c’était vraiment génial la dernière fois. Ca te dirait ?
- Ca ne dépend pas uniquement de moi. »

Pendant que Livie médite cette réponse qui lui paraît bien énigmatique, ils rejoignent les autres qui les attendent. Ils commencent à partir à pied en direction des cinémas.
« Alors, dit une élève de la classe d’Augustin, elle nous rejoint au cinéma ta nouvelle petite amie ?
- Quelle petite amie ? demande Apolline.
- Je sais tout ! réplique Sébastien. Pendant que vous les studieuses, bûchiez votre français, monsieur jouait les jolis coeurs. Tu ne leur a pas raconté Augustin ?
- Pas encore. En fait, samedi, ma voisine du dessus était là. Elle s’appelle Marianne et c’est aussi une amie de celui qui organisait la soirée. Elle avait entendu dire que j’avais embrassé quelqu’un et elle pensait que c’était sérieux entre nous, ce qui était faux, bien sûr. »

Livie se rapproche le cœur battant et le regarde fixement. Augustin détourne la tête et hausse les épaules.
« Elle m’a dit qu’elle était bouleversée car je lui avait toujours plu mais qu’elle était trop timide pour avoir osé me le dire, continue Augustin sans prendre garde à Livie qui commence à changer de couleur. Elle et moi, ça a collé tout de suite. Elle est jolie, un peu dans le style de Livie, mais avec beaucoup plus de charmes, si vous voyez ce que je veux dire. Elle est beaucoup plus drôle aussi et beaucoup plus gentille, ce qui n’est pas franchement difficile. Et beaucoup moins coincée. Au deuxième slow, on s’est embrassé, c’était génial. C’est l’amour fou. Je danse, je bondis, je vole ! »

Je vais vomir, se dit Livie. Elle a l’impression d’avoir pris un coup de poing dans l’estomac. Elle sent le sol qui tangue, tout tourne autour d’elle et elle a l’impression de se liquéfier sous les regards stupéfaits des autres. Elle se sent pâlir, fait un effort pour ne pas éclater en sanglots et dit d’une voix qu’elle a du mal à reconnaître :
« On va voir quoi ce soir ?
- Une comédie sentimentale, décrète Augustin. Ah, l’amour, ça vous change un homme. »
Et il continue dans son bonheur égoïste à vanter les innombrables qualités de sa dulcinée « un peu comme Livie mais en mieux, tiens c’est marrant je n’y avais pas pensé avant », sans se demander une seconde ce qu’elle peut ressentir.
Livie a tellement pâli que son teint est verdâtre en arrivant au cinéma. Augustin de précipite vers sa « seule et unique raison de vivre ».
« Non mais je rêve ! s’exclame Apolline. Elle porte des lunettes affreuses, elle est moche en plus, en fait c’est un vrai boudin. Et pour couronner le tout c’est une vieille, elle a au moins 20 ans ! Viens, Livie, dit-elle en la prenant par le bras pour l’arracher à la contemplation d’Augustin embrassant Marianne, on va aller voir autre chose qu’une niaiserie sentimentale avec les tourtereaux. » Et elle choisit un film de science-fiction à grand renfort de montres baveux et de pistolets-laser. Livie la suit avec empressement.
Elle pleure pendant tout le film. Apolline, compatissante, lui fait passer les mouchoirs. Elle n’arrive à se ressaisir qu’à la fin du film. En sortant, elle a le nez et les yeux rouges.
« Tiens, dit Augustin qui les attendait dehors, notre Livie nationale aurait-elle une âme sensible ? Moi qui croyais que tu n’avais pas de cœur. On va manger un hamburger ?
- Sans moi, dit Livie, je rentre.
- Moi aussi, dit Apolline.
- Les filles, dit Augustin, vous ne vivez pas. Amusez-vous un peu, sortez le nez de vos bouquins, aimez ! Sinon vous allez vous dessécher et rester vieilles filles toute votre vie. S’il n’est pas déjà trop tard.
- Retiens-moi ou je fais un malheur, glisse Livie à Apolline sans desserrer les dents.
- Prenez exemple sur Marianne, voilà une fille qui sait prendre la vie du bon côté elle, ce n’est pas comme vous, continue Augustin en aggravant son cas aux yeux de Livie. N’est-ce pas mon roudoudou d’amour ?
- Tu es trop gentil mon chéri.
- Viens Livie, dit Apolline en retenant son amie qui s’apprêtait à gifler le chéri du roudoudou. L’amour le rend idiot.
- Il l’était déjà avant, grince Livie.
- Vous êtes de grosses jalouses, rétorque Augustin en embrassant le roudoudou.
- Viens Livie, insiste Apolline en voyant ses yeux se remplir de larmes. »
par Cinderela publié dans : Rêveries & cie (nouvelle) communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 23 décembre 2007
Journal – fin avril – première
Mon cher Journal, tout va bien. J’ai bac blanc de français lundi et je continue à me noyer dans mes complexités galopantes. Dur, dur. Je m’explique (d’ailleurs, c’est pour ça que j’ai pris la plume, j’ai comme qui dirait besoin de m’épancher un peu) :
Jeudi après-midi, nous sommes allés à la patinoire avec Apolline, Sébastien et… Augustin. Tu vas rire, ce fut drôlement sympa. Enfin, relativement.
Augustin me tenait les mains parce que j’avais froid ou me serrait dans ses bras après que nous ayons fait quelques tours en nous tenant la main. Tu me diras que j’aurais dû être contente alors. Eh bien non. Séb n’arrêtait pas de faire des remarques désobligeantes (visiblement, l’état de grâce est terminé) et j’avais le sentiment qu’il fait avec moi ce qu’il fait avec toutes les filles, enfin, peut-être pas mais pas loin. En tout cas, ça ne m’aide pas pour me mettre à l’aise.
En se séparant hier soir, au lieu de me faire la bise comme d’habitude, il m’a embrassée sur les lèvres. Si si si, je t’assure. Enfin, ce n’était pas un vrai baiser, et c’était tellement précipité que l’on s’est cogné la tête. En plus, ça m’a tellement surprise que j’ai fait un bond d’un mètre et que je me suis enfuie en courant. Caro arrivait avec Roméo, heureusement ils n’ont rien vu sinon j’en aurait eu pour deux heures. Et voilà, je ne suis pas plus avancée, je ne sais pas trop où il voulait en venir et je suis sûre qu’il doit penser que je suis complètement dingue. C’est malin, tiens, pour une fois que je pouvais être fixée sur ses sentiments (et les miens) !
Pour couronner le tout, on est sorti en retard de tous les cours aujourd’hui et on a été retenus une demi-heure par la prof de français ce soir, ce qui fait que je n’ai pas réussi à le voir.
Mais j’en ai marre, moi, ça va durer encore longtemps cette histoire ? Bon, cette fois-ci, je me lance, promis-juré, je tire au clair lundi soir quand on ira au ciné après le bac blanc, quitte à discuter pendant tout le film.
Remarque, pour tirer ça au clair, je ferai mieux d’aller à la soirée d’un copain de Séb demain soir. Seulement, c’est à 40 km d’ici, je ne connais personne, ou presque et…on a bac blanc lundi (oui, je sais, je l’ai déjà dit).
Augustin a beau dire que je suis une poule mouillée et que je prend mes études trop au sérieux, je sais que je ne pourrais pas m’amuser tranquillement si j’y vais, je vais culpabiliser parce que je ne révise pas, ça va m’énerver, je vais envoyer paître Augustin, après je ne pourrais pas dormir, je vais rater ma dissert, ça va être la cata, je vais pleurer et ça sera la grosse déprime.
Donc lundi, au cinéma, je lui parle, c’est promis ; on essaiera de se mettre un peu à l’écart des autre.
Au programme, demain : révisions, lundi matin : dissertation et lundi soir : déclaration. Avec un peu d’organisation, on arrive à tout. Il attendra bien jusqu’à lundi, non ?
par Cinderela publié dans : Rêveries & cie (nouvelle) communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mercredi 5 décembre 2007
Au mois d’avril, Livie et Apolline ont leurs anniversaires à 5 jours d’intervalle. A cette occasion, elles oublient leurs querelles augustines et décident d’organiser une même soirée pour fêter leurs 17 ans.
Pour la salle, on utilisera le garage de la grand-mère de Livie.
Livie invite tous ses amis sauf Augustin. C’est Apolline qui se sent obligée de lui demander de venir. Quand celui-ci vient lui faire des reproches, elle lui répond sèchement qu’il est mal placé pour critiquer.
« Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais, c’est ça ta devise, St Aug’ ?
- Tu as vraiment un sale caractère.
- Je n’aime pas que l’on me prenne pour une idiote, c’est différent ! »

Le samedi de la soirée arrive enfin. Elles attendent toutes les deux leurs invités avec un mélange d’excitation et de nervosité.
Tout se passe à merveille. Caroline a pioché dans sa provision de disques ainsi que dans celles de ses amis et les derniers succès à la mode alternent avec les morceaux préférés des deux amies. Elles dansent sans interruption, plus souvent seules qu’accompagnées car les slows ont été bannis du programme musical, Apolline et Livie ayant décrété d’une même voix que « les slows, c’est tarte ».

A 22 heures, elles soufflent leurs 34 bougies et les invités s’extasient devant les délicieux gâteaux préparés par la grand-mère.
Livie ne s’intéresse pas à Augustin, mais préfère danser avec ses copines de classe ou les invités de Caroline : son copain Antoine « celui-là, c’est le bon », a confié Caroline à sa sœur récemment et Raoul, le meilleur ami d’Antoine, un grand blond en licence de math qui a prêté la sono et passe les disques.
Caroline, Antoine et Raoul prennent des cours de danse à la fac. Livie trouve le pas de base un peu compliqué mais beaucoup plus amusant que le rock que l’on danse à son lycée : « Un ersatz de rock » dit Antoine.
Augustin, contrarié d’être délaissé, vient chercher Livie en plein milieu d’une démonstration de pas de base. « Je vais te montrer comment on danse un vrai rock de mec ».
Il fait des mouvements un peu trop énergiques et désordonnées qui déséquilibrent Livie. Celle-ci perd l’équilibre et se retrouve assise par terre. Tous ses amis rient de ce spectacle. Raoul, qui a abandonné sa sono, lui tend une main secourable et elle décide de retourner étudier les mystères du pas de base avec Antoine et lui.
« Et en plus c’est No Milk Today, mon rock préféré !
- J’essaierai de ne pas te faire tomber alors, répond Raoul en lui faisant un clin d’œil. »

Quelques morceaux plus tard, Livie remercie Antoine de ses leçons et décide de faire une pause. Raoul danse avec Caroline et comme la sono est toujours abandonnée, Augustin en profite pour diffuser un slow, au grand mécontentement de la majorité des danseurs présents.

Livie s’esquive prudemment et sort dans le jardin pour prendre l’air. Elle se dirige vers le pommier et s’assoit sur la vieille balançoire en regardant les étoiles.

Le moment le plus romantique de la soirée est celui où je regarde les étoiles seule sur ma vieille balançoire. Mieux vaut être seule que mal accompagnée, piètre consolation, se dit-elle en souriant.

« Livie, tu es là ? » Et c’est… Apolline qui arrive à son tour suivie de deux ou trois de leurs amies qui ne trouvent aucun intérêt à danser avec un garçon qui essaye de les étouffer par trop d’assiduités. Elles rapprochent quelques fauteuils de jardin abandonnés sur la terrasse et bientôt la majorité des filles de la soirée est assise en cercle dans le jardin, à bavarder, échanger des potins, parler de chiffons et rire au grand dam des garçons qui sont privés de cavalières pour les slows.
Augustin vient chercher Livie, mais celle-ci qui a retenu la leçon de la danse précédente, refuse de l’accompagner. Caroline arrivant sur ses entrefaites, il se garde d’insister. Comme Apolline et les autres filles ont aussi refusé son invitation, il retourne vers le garage en maugréant.

Raoul reprend les platines et pour relancer la soirée, passe un grand classique de Goldman. Dès les premières notes, tout le mode réintègre la salle et reprend le refrain en cœur. Et c’est reparti !
Livie se sent fatiguée à force de s’agiter dans tous les sens mais il n’est pas question de s’arrêter : elle s’amuse trop. Et tant pis si Augustin se trouve délaissé : il n’est pas le centre de la terre. Et tant pis pour la fameuse déclaration qu’elle attend depuis des mois : ce soir, c’est son anniversaire, elle fait la fête et pour les complications, on verra plus tard.
Soudain les parents reviennent, il est une heure du matin, il est temps de couper la sono et de ranger.

C’est super d’avoir 17 ans, surtout avec une soirée comme celle-ci. Vive la vie !
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Vendredi 30 novembre 2007
Le lundi suivant, Livie croise Augustin et Sébastien dans les couloirs.
« Je suis content que tu puisses venir, dit ce dernier.
- C’est gentil d’avoir pensé à m’inviter Sébastien, remarque Livie en insistant bien sur le prénom et en regardant Augustin dans les yeux.
- Oui, répond celui-ci en haussant les épaules, je n’étais pas sûr d’avoir très envie de t’inviter et j’avais un peu la flemme de t’appeler. Tu comprends, j’ai beaucoup de personnes à contacter et avec cette soirée, je suis très sollicité par toutes ces demoiselles. »

A ce moment-là, Livie qui ne sait plus quoi dire s’en va le coeur gros. Elle est fermement décidée à ne pas aller à cette soirée où sa présence est visiblement de trop.

Très sollicité par ces demoiselles, maugrée-t-elle, mais il se prend pour James Bond ma parole. Vu sa carrure, il ne doute de rien !
Caroline vient à son secours : « Je t’emmène au ciné voir le film dont tu nous parles depuis un mois. Tu diras à l’autre prétentieux que tu n’as pas pu venir à sa soirée car c’était la dernière occasion pour voir le film dont vous aviez parlé pendant les vacances. Et puis, rater un tel chef-d’œuvre pour aller à la soirée de quelqu’un que tu n’es pas très sure d’avoir envie de voir, ça serait vraiment dommage !
- Tu as raison, Caro, il y a vraiment trop longtemps que nous ne sommes pas sorties entre sœurs. Juste toutes les deux, hein ?
- Promis, de toute façon Antoine n’aurait pas pu venir, il termine un projet d’informatique avec son copain Raoul. Et après le resto, on ira à la patinoire ! »
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Mercredi 28 novembre 2007
Au retour des vacances, Livie rencontre Augustin en arrivant au lycée. Elle n’a pas le temps de lui reprocher de ne pas l’avoir appelée qu’il lui annonce en claironnant : « Séb et moi avons décidé de faire une soirée la semaine prochaine. On a bossé comme des dingues pour tout préparer pendant les vacances. Je vis à 200 à l’heure, je suis débordé et je n’ai pas une minute à moi.
- Ca veut dire que je suis invitée ?
- On verra, si tu es gentille et s’il me reste de la place.
- OK, laisse tomber ». Livie tourne les talons et s’en va.

Et Augustin ne l’invite pas. La semaine passe, tout le monde est invité sauf elle. Livie est désespérée, le vendredi soir elle se met à pleurer après avoir écrit deux lignes dans son journal. Ses parents mettent cette déprime sur le compte des études.
« Livie, dit sa mère, il faudrait que tu arrêtes de prendre les choses si à cœur, tu vas avoir un ulcère sinon ».
Caroline est plus perspicace : « Comment ça va avec Augustin ? » Livie se met à pleurer comme une madeleine et lui raconte le cinéma et la soirée. Caroline est atterrée. « Ma pauvre Livie, oublie ce minable, il se moque de toi. »

Le téléphone sonne. « Salut, Livie, c’est Sébastien. Je regardais la liste des gens qui ont accepté de venir à notre soirée et tu n’es pas dessus. Tu as un empêchement ?
- Il ne me semble pas avoir été invitée.
- Mais si, tu es invitée. Alors, tu peux venir ?
- Je crois, oui.
- Super ! Passe un bon week-end, il faut que je te laisse, j’ai un tas d’autres coups de fil à passer. Mais dis-moi, tu as un rhume ? Je te trouve une drôle de voix. »

« Tu vois, dit Caroline, tu t’inquiétais pour rien. Tes copains devaient être persuadés chacun que l’autre t’avait invitée. Comment veux-tu que l’on oublie la plus jolie fille du lycée ?
- Tu exagères, Caro.
- Je plaisantais, Livie. La plus belle fille du lycée, ça reste moi, même après mon départ.»
Les deux filles éclatent de rire.
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Dimanche 25 novembre 2007
Les vacances de février arrivent enfin.  Bien résolue à voir Augustin, elle prend l’annuaire et son courage à deux mains et décroche le téléphone. C’est la mère d’Augustin qui lui répond. Elle a l’air très gentille, se dit ravie de parler enfin à « cette fameuse Livie dont mon fils parle tant » et s’empresse d’aller le chercher.

Journal – février – première
Toujours pas de nouvelle. Si ça continue, je crois que je vais être privée du plaisir de lui balancer une réflexion désagréable. Tu ne vas pas me dire, mais ce mec est bizarre, non ?
Il me fait du charme en décembre pour que je l’appelle pendant les vacances, du cinéma depuis début janvier (si si, je t’assure) comme quoi il va être toute seul pendant les vacances de février car tous ses copains partent skier et pas lui gna gna gna, sans compter la fameuse soirée.
Je l’appelle une première fois le soir des vacances, il me dit qu’il doit se rendre à son entraînement de foot. Il me propose d’aller au cinéma, « je te rappelle dimanche après le match pour choisir le film et la date etc… ».
Dimanche soir : rien. Lundi toujours rien. Mardi, pas plus. Bon, je me suis dit qu’il n’a pas eu le temps, je rappelle chez lui mercredi. Sa mère me dit qu’il est sorti, mais qu’il ne manquera pas me rappeler en rentrant, qu’il va être ravi, tu vois le style. Elle me dit aussi qu’il est allé au resto avec Sébastien (je le croyais au ski), Apolline et je ne sais qui, elle pensait d’ailleurs que j’étais avec eux. Merci ! Quoique Apolline et moi, ce n’est plus trop le grand amour ces temps-ci. Bref, deux jours plus tard, toujours rien.
Je re-rappelle samedi, monsieur était là, il daigne me parler, impossible de comprendre pourquoi il n’a pas téléphoné. On convient d’aller au ciné lundi après-midi et il m’invite à manger avec ses parents le soir après la séance. En règle général, on n’invite pas chez soi quelqu’un qu’on ne veut pas voir. Même quand on est tordu au point où l’est St Aug’. Il devait me rappeler « dimanche soir au plus tard c’est promis » dixit. Rien (mais je me répète, là, non ?).
Tu crois qu’il aurait pu s’excuser ? Naaan. Mardi, rien. Mercredi, toujours rien. Jeudi, n’en parlons pas. Non mais, ce mec il se fout de moi ou quoi, il me croit à sa disposition ? Bon, je veux bien croire que je n’ai pas passé mes soirées au téléphone et que la ligne est souvent occupée par Caro et son Roméo, mais les deux dimanches soirs, J’ETAIS LA ! J’ai même surveillé que Caro ne passe pas toute la soirée pendue au combiné à roucouler. Et même s’il n’a pas pu me joindre, il aurait pu écrire, non ? Il y a une boîte aux lettres au pied de son immeuble et un mec en première doit être capable d’orthographier à peu près correctement « je suis désolé, je n’ai pas pu te joindre». Gros naze, va !

Ah, j’oubliais, c’était la St Valentin hier. Pas un signe de qui que ce soit et encore moins de son altesse. Remarque, vu que ça fait presque deux semaines qu’il m’oublie, je ne comptais pas sur une carte ou quoique ce soit. Quoique j’espérais bien un coup de fil et éventuellement un ciné, mais il faut croire que je me fais des illusions.
En plus, Apolline viens de m’appeler (elle !) et m’a invitée chez elle ce soir avec d’autres copines, alors je crois que je vais y aller. Rien de tel qu’une bonne soirée entre filles pour se remonter le moral en disant du mal de ces pauvres garçons !
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Samedi 24 novembre 2007
Après une interruption d'une semaine, l'ado boutonneuse comme dirait l'agent K, ou ma grande copine Livie revient.
 
Demain, début de la saison 3 du troisième chapitre : salsa du démon.
 
Pas de grève des scénaristes cigaliens, juste une cigale over-miellée qui a oubliée de  mettre les articles prévus en ligne.
 
A très bientôt avec Livie...
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Jeudi 15 novembre 2007
C’est la fin de la soirée pour Livie. Lorsque sa sœur vient la chercher, elle remarque que Livie affiche un sourire béat.
« A quoi rêves-tu soeurette ?
- Alors Livie, on s’est enfin trouvé un amoureux ? questionne Antoine avec tact et finesse.
- De quoi il se mêle l’autre ?
- Sois gentille avec mon copain, même s’il est un peu indiscret. Bon, allez, raconte, je te promets que je ne dirai rien aux parents.
- Désolée, mais il n’y a rien à raconter » répond Livie en continuant à sourire et en regardant son reflet dans la vitre de la voiture.
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Mercredi 14 novembre 2007
Journal – fin janvier – première
La soirée a enfin débuté. Finalement, je ne suis pas sure de prendre goût à ce genre de choses. Je t’explique :
L’ambiance : nulle. Il y avait un buffet, mais personne n’avait l’air de s’y intéresser. Apolline est venue me voir, puis son père qui est prof d’anglais, nous a rejoint, mais il n’est pas resté avec nous. Lui aussi avait l’air de s’ennuyer ferme.
La musique : nulle. Comme je ne me sentais pas d’aller me ridiculiser toute seule au milieu de la piste, je suis restée en retrait avec Apolline. « Dire que je fais tapisserie », a-t-elle remarqué d’un air rageur. Comme si c’était de ma faute ! Augustin est venu vers nous. « Quand même, il se décide à m’inviter, ce n’est pas trop tôt ! » Apolline s’est levée et s’est avancée vers lui tout sourire… et c’est moi qu’il a invitée. Elle n’avait pas l’air très contente et tous les autres étaient morts de rire. C’est tout juste s’ils ne nous ont pas crié « Ouh, les zamoureux ». Ce lycée, c’est vraiment la petite maternelle.
Après deux rocks, le type bizarre qui tenait la sono est venu me voir et il m’a dit : « Je ne te connais pas, mais j’aimerais bien danser un slow avec toi », avec un sourire niais façon « t’es flattée, poulette, hein ? ».
J’ai été un peu surprise (et pas du tout flattée) et j’ai répondu en souriant : «  Je ne sais pas, on verra si je n’ai rien de mieux à faire.
- Je ne vois pas ce que tu pourrais avoir de mieux à faire que danser un slow avec moi, a répondu mister-drague,
- Moi en tout cas, je vois bien. » J’ai tourné les talons et je l’ai planté là. Boum !
Caro m’a dit qu’elle aurait accepté « quitte à lui faire comprendre qu’il fallait qu’il se calme » s’il devenait trop collant. Moi, je fais comprendre tout de suite : comme ça, on gagne du temps.
Il y a bien eu des slows, et il ne s’est pas manifesté. Au troisième slow, j’ai vu Augustin arriver juste en face de moi. Apolline m’avait rejointe et comme pour la première fois, elle s’est levée, elle s’est avancée vers lui et il lui a dit : « Tu crois que Livie accepterait de danser un slow avec moi ? » Pauvre Apolline, tu aurais dû voir sa tête. Je me demande s’il est demeuré ou s’il le fait juste exprès ? En tout cas, c’est drôlement bien imité.
Bref, je me suis retrouvée dans ses bras, la tête contre son épaule, parce qu’il me serrait trop fort. Ce n’était pas super confortable comme position et je ne me sentais pas à l’aise du tout. C’était la fin, mais il y a eu un autre slow. Je lui ai dit que je ne savais pas danser « ce genre de truc » et franchement je n’aime pas trop ça : ça ne bouge pas assez, on s’ennuie. Pour faire passer le temps, j’ai fait la causette. C’est long, un slow !
C’est comme ça que j’ai appris le nom du garçon que j’ai envoyé se faire voir ailleurs et que je me suis aperçue qu’Augustin avait tout entendu.
Après, c’est Sébastien qui est venue me chercher : « Ne garde pas Livie pour toi tout seul et laisse un peu les autres en profiter ». Merci, je ne suis pas une chose ! Et Apolline a pu enfin danser avec Augustin. Grand bien lui fasse !
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Dimanche 11 novembre 2007
A la fin du mois, une grande soirée est organisée au lycée. Poussée par sa sœur, Livie décide d’y aller. Après s’être armée de courage pour demander la permission à ses parents, elle a la surprise de voir qu’ils acceptent aussitôt.
« Tu travailles trop, lui dit sa mère, ça te fera du bien de sortir un peu.
- Retour à minuit dernier délai, rajoute son père.
- Une heure, négocie Caroline. Et j’irai la chercher en rentrant du ciné avec Antoine. »

« Franchement, confie Livie à sa sœur, je ne comprend décidément rien aux parents. Quand tu demandais à sortir ils poussaient de hauts cris et moi, ils me reprochent presque de ne pas assez sortir.
- Tu peux remercier ta grande sœur d’avoir fait évoluer un peu la mentalité néandertalienne de papa. Et vu que tu ne sors jamais, je vois mal comment ils pourraient te reprocher de trop sortir.
- J’ai pas le temps, je travaille, moi ! »

Le vendredi soir après les cours, en attendant l’heure de se rendre à la soirée, certains élèves révisent leurs passes de rock dans le couloir. Livie, qui a toujours trouvé cette danse ringarde et à qui sa sœur n’a jamais réussi à apprendre les rudiments, se dit que finalement, elle aurait bien envie d’essayer. Elle sollicite Sébastien qui est juste à côté d’elle et se moque des efforts des autres. Augustin a du mal à trouver une cavalière. Lorsque Livie et Sébastien ont terminé de danser, Augustin vient chercher Livie. Comme elle fait semblant de ne pas comprendre sa requête, il lui prend la main d’autorité et l’entraîne au milieu des danseurs.
Il essaie de lui apprendre les bases en y mettant beaucoup de sérieux. Ce n’est pas très compliqué, et comme Livie s’amuse beaucoup plus que ce qu’elle aurait cru, elle apprend vite. Elle lui dit qu’elle vient à la soirée et Augustin manifeste bruyamment sa joie.
Tiens, monsieur a enfin décidé de cesser de m’ignorer, constate Livie.
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Samedi 3 novembre 2007
Et cette soirée qui peut tout faire changer, rumine Livie. Apolline est-elle amoureuse d’Augustin ? Ira-t-elle le voir pour lui dire ? Est-ce qu’il est amoureux de moi ? Je me demande si je ne me fais pas encore des idées. Jamais je n’oserai lui téléphoner. Et si je lui écris, il va croire que je lui coure après alors que c’est ce que je veux éviter à tout prix. Etc…
« C’est pathétique, décrète fermement Caroline quand sa sœur lui confie ses états d’âme. Je t’emmène voir un film de science-fiction pour te changer un peu les idées. Et fais-moi le plaisir d’arrêter de te faire des nœuds au cerveau pour rien. »

Les vacances de Noël passent très vite, partagées entre les fêtes de famille, le shopping et le choix des tenues de réveillon. Livie n’a pas vraiment le temps de discuter avec sa sœur qui est très prise par Antoine qui est à la fac avec elle. Elle n’appelle pas non plus Augustin.

La semaine de la rentrée arrive. C’est une nouvelle année et Augustin est très occupé à distribuer ses vœux à tout le monde. Livie doit attendre trois jours avant d’avoir droit à un bref « Au fait bonne année » jeté entre deux discussions avec les rares privilégiés invités à la soirée d’Apolline.

Résolution de nouvel an n°1 : ne plus penser à Augustin ; n°2 : ni à un aucun autre garçon, ils n’en valent pas la peine et n°3 : réviser un peu au lieu de se morfondre, ça fait passer le temps.

Livie relit le paragraphe qu’elle a écrit en gros sur deux pages de son cahier. Et s’y tenir, rajoute-t-elle en soupirant.
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Jeudi 1 novembre 2007
Le dernier vendredi avant les vacances, les cours des premières sont annulés et Livie et sa classe s’installent au CDI pour attendre l’heure de quitter le lycée. En arrivant, Livie remarque Augustin qui fait le pitre sur un banc en déclamant « Ici c’est moi qui commande, vous êtes tous mes fidèles serviteurs !
- Serviteurs, tu rêves, décrète Livie qui l’attrape par un bras et entreprend de le faire redescendre sur terre.
- Vous allez voir qui commande ici mademoiselle » rétorque Augustin en se laissant tomber à côté d’elle. Il se baisse, l’attrape par la taille et les genoux et la soulève dans ses bras.
Livie est persuadée qu’il va la lâcher au bout de deux mètres et elle commence à paniquer quand elle comprend qu’ils se dirigent vers l’escalier du hall. Augustin traverse le hall sous les moqueries des élèves présents et commence à descendre tant bien que mal vers la cour avec son récalcitrant fardeau.
Lorsqu’il la dépose, furieuse, elle l’apostrophe :
« Avant de te prendre pour Rhett Butler, il faudrait faire un peu de muscu, gringalet, va !
- Tu es jolie quand tu es en colère, Livie-Scarlett. Il faut que j’y aille, n’oublie pas de m’appeler pendant les vacances. »
Et il s’en va en roulant des mécaniques, ou tout du moins en essayant car sa musculature est quasi inexistante. Livie reste sur place, rouge et échevelée, à subir les moqueries de ses copains.

Livie est enfin en vacances depuis deux jours. Quinze grands jours pour faire tout ce qui lui chante, sans vois son lycée ni Augustin. Le bonheur. Enfin presque.
Parce qu’en fait, elle aimerait bien voir Augustin pour avoir une discussion entre « 4-z-yeux » avec lui, même si elle ignore s’il en sortirait quelque chose. Ce qui la contrarie vraiment, c’est la soirée du 31 décembre chez Apolline. Elle ne peut s’empêcher d’y penser et ça l’énerve.
A chaque fois qu’elle repense à Apolline débitant des basses flatteries à Augustin pour le convaincre de venir, sa tension monte. Livie aimerait bien savoir à quoi s’en tenir, rien qu’une toute petite fois.

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Samedi 27 octobre 2007
Journal – décembre – première
Je suis contrariée ! Parce que cette andouille d’Apolline qui dit être mon amie depuis la troisième, qui passe toutes ses récrés avec nous et qui continue à m’appeler quand elle n’arrive pas à faire ses maths, même si on n’est plus dans la même classe, bref, cette sombre traîtresse fait une soirée le 31 décembre. Et devine quoi ? Sous prétexte que la maison de ses parents n’est pas très grande et que sa sœur et elle n’ont eu droit qu’à 12 invités chacune, elle ne m’a pas invitée. Soit. Mais devine quoi le pire ? Elle a invité Augustin. Si ! Et elle doit bien se douter de quelque chose, la garce, vu qu’elle n’arrête pas de me poser des questions et de se moquer de moi. Je parierai qu’elle en pince pour Augustin.
Non mais on croit rêver ! Elle me fait plein d’allusions, elle cherche à savoir et elle fait du gringue à Augustin jusque sous mon nez :
« Je suis désolée, Livie, je n’ai pas pu inviter beaucoup de monde alors j’ai privilégié les garçons, comme ma sœur et moi on est déjà deux filles (ben tiens). Par contre, Augustin, j’espère que tu viendras, c’est très important parce que tu danses drôlement bien et sans toi il y aura moins d’ambiance et gna gna gna. »
On reste calme et on respire par le nez.
N’empêche que j’y ai pensé pendant tout le cours de français. Pour une fois que je m’intéresse à un garçon, il y a une fille qui essaye de tout faire foirer. Mais j’en ai marre de ces histoires de nanas, marre d’Augustin. C’est depuis que je pense à lui que je me paie des caisses en math. Bon, à propos de math, il faut que je te laisse, j’ai (encore) un devoir à bosser.

Ps : je me demande si, jusqu’à un certain point, je ne suis pas un peu dingue ?
Pps : et où est encore passée miss courrier du cœur ce soir ? Quelques conseils seraient les bienvenus…

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Dimanche 14 octobre 2007
Caroline, bien que très absorbée par ses études et son nouveau copain, s’aperçoit que sa sœur est de plus en plus absente et que même les plaisanteries préférées de leur père n’arrivent plus à la faire sortir de ses rêveries. Contrairement à leurs parents qui pensent que Livie est perturbée par son futur bac de français et par les quelques notes en math inférieures à ses 17/20 habituels, Caroline se demande s’il n’y a pas un garçon derrière tous ces regards absents. Augustin, par exemple, dont Livie parlait beaucoup à la rentrée et qu’elle n’évoque plus du tout, même lorsque l’on fait allusion à lui. Caroline va dans la chambre de Livie, bien décidée à tirer les vers du nez de sa trop discrète sœur.
« Tu travailles encore, Livie ?
- Non, j’écrivais un peu.
- Ah, tu rédiges ton journal. Alors, reporter Livie, quoi de neuf en ce bas monde ?
- Pas grand chose d’intéressant. »
Caroline trouve pourtant que le cahier, qui était tout neuf en septembre, commence à être bien rempli. Sa sœur étant assez chatouilleuse sur ce sujet, elle préfère ne pas insister.
« Je t’ai dit que Antoine m’avait invitée à venir dormir chez lui ce week-end ?
- T’inviter à QUOI ? Non mais je rêve, là ! Tu n’en n’as pas parlé aux parents, au moins ?
- Ah, tu penses visiblement que c’est une mauvaise idée, répond Caroline en faisant une grimace.
- J’ignore si c’est une bonne ou une mauvaise idée et franchement je m’en moque, mais ce que je sais par contre c’est que papa va avoir une attaque, vous allez encore hurler tous les deux, on sera consignée et pour une fois, si ce n’est pas trop demander, j’aimerais avoir un week-end tranquille. Ce n’est déjà pas facile le reste du temps…
- Attends, Livie, tu ne vas pas me dire que tu te traumatises pour tes notes de math. Quand j’étais en première, j’étais déjà bien contente si j’obtenais 12/20. Et je ne parle même pas de la terminale. Ca ne m’empêche pas de faire des études.
- Il n’y a pas que les maths, Caro.
- Laisse moi deviner, comment va St Aug’ Machin ces temps-ci ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Parce que au début de l’année tu avais l’air super contente d’aller au dessin avec lui et maintenant on dirait que tu assistes à ton propre enterrement. Vous ne vous entendez plus ?
- C’est compliqué.
- Je suis une spécialiste des choses compliquées. Tu sais, Livie, tu devrais sortir avec lui s’il en a envie.
- …
- C’est bien ça, hein, le problème ? Il te plaît, tu lui plais alors arrêtez de vous prendre la tête, sortez ensemble, amusez-vous et retrouve un peu le sourire, bon sang ! Qu’est-ce que j’ai fait pour avoir une sœur aussi coincée ?
- Ce n’est pas aussi simple…
- Si, Livie, crois-moi, c’est pas plus compliqué que ça.
- D’abord je ne suis pas une chose, je ne vais pas sortir avec lui ou qui que ce soit d’autre juste parce qu’il en a envie. D’où tu me sors ce raisonnement primaire ? On n’est plus au Moyen-Âge que je sache.
- Il ne te plaît pas ?
- Je ne sais pas trop. Je l’aime bien, c’est un super copain et j’aimerais bien savoir d’abord ce qu’il pense.
- Tu ne veux pas prendre de risque, hein ? Tu ne veux pas envisager de te dire amoureuse de quelqu’un tant que tu n’es pas absolument sûre qu’il est complètement dingue de toi, qu’il ne vit que par toi, que ça va durer et que tant qu’on y est c’est l’homme de ta vie, le seul, l’unique, LUI, en somme.
- Il y a un peu de ça.
- Livie, ma cocotte, ça ne marche pas comme ça, tu sais, il faut prendre un peu des risques des fois. Et je ne pense pas qu’Augustin te considère comme la future femme de sa vie. Sa future petite amie, peut-être. Et si tu continues comme ça, son futur regret, sûrement. Ce n’est pas gagné si tu gardes ce point de vue.
- Excuse-moi, mais je ne suis pas sûre que tu sois un super exemple. Tu en es au combientième de petit ami, là ? J’ai perdu le compte.
- Je ne me suis jamais mise dans le même état que toi et en attendant, je suis le seul exemple que tu aies sous la main. Tu sais quel est ton problème, Livie, tu ne sais pas ce que tu veux et tu réfléchis trop.
- Je sais ce que je ne veux pas.
- Etre amoureuse de quelqu’un tant que tu ne sais pas s’il est amoureux de toi, OK. Mais tu vas continuer à te gâcher l’existence en te posant des questions et ça ne donnera rien. Ma pauvre sœur, tu es vraiment trop compliquée.
- Mêle toi de TES oignons et laisse-moi tranquille !
- Ne pleure pas ma Livie, je ne voulais pas te faire de la peine, je voulais juste t’aider… »
Pour consoler Livie, Caroline va chercher les derniers magasines féminins et lui demande ce qu’elles pourraient s’acheter comme tenues de Noël. Car c’est dans moins de deux mois, maintenant, et il faudrait voir à ne pas se laisser surprendre !
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Dimanche 7 octobre 2007
Commence alors un grand chassé-croisé. Augustin se précipite sur Livie, ne la lâche plus d’une semelle pendant deux jours et le reste de la semaine, c’est comme si elle n’existait plus. Livie est complètement déboussolée, elle ne sait plus à quel saint se vouer. Séb joue les désinformateurs, elle ne peut rien obtenir de lui et elle commence à perdre le peu de patience que dame Nature lui a accordé.

Journal – fin octobre – première
Mon cher journal, C’EST PAS JUSTE ! Nous sommes la seule classe à avoir devoir demain. Et je n’ai rien fait. Disons que le fait de m’être payée une caisse après avoir bossée comme une malade m’a totalement découragée et je n’arrive pas à me décider à travailler. Bof, quelque chose me dit que ça va quand même marcher.
Et puis tout m’énerve ces derniers temps, surtout Augustin. J’ai l’impression qu’il est amoureux de moi, il tourne autour du pot, il m’évite même et aujourd’hui c’est tout juste si j’ai pu lui arracher deux mots. Il m’énerve, tiens ! Qu’il se dépatouille !
Seulement, le jour où je me suis prise la latte de l’année en math, devine qui j’ai trouvé pour me consoler alors que je venais de craquer et que je pleurais comme une malade ? Heureusement qu’il était là, parce que ça devenait critique !
Pour plaire à un mec, il semblerait que le meilleur moyen soit de se présenter à lui comme une fille faible, sans défense et dont le salut dépende entièrement de lui. Ces types sont tellement machos ! Enfin, on dirait que ça fonctionne au moins avec Augustin. Mais le côté faible femme, c’est pas trop mon truc…

Et puis avec son super copain Séb qui en rajoute comme si ce n'était pas déjà assez compliqué comme ça. J’aimerais bien savoir ce qu’ils se disent de moi par derrière, et surtout, j’aimerais bien savoir s’il est toujours amoureux de moi ou si c’est une divagation de mon cerveau malade. En tout cas, s’il n’est pas amoureux de moi, au moins, c’est bien imité !
Somme toute, Augustin est un garçon adorable, mais collant et un peu saoulant avec son Saint Homonyme ! La preuve, quand on parle de lui avec les filles, c’est toujours moi qui prend sa défense. Peut-être que c’est une passion qui s’ignore ?
Avant qu’Augustin se déclare (s’il se déclare un jour), j’ai de la marge. Tu vas rire, mais je crois que ces temps-ci, je ne prendrais pas ça trop mal. Mais si seulement il se déclarait, au moins !!!

Tu connais Augustin, un moment j’ai l’impression qu’il est ravi que je parle avec lui et le moment suivant il me fait la gueule. Non mais ce mec, je ne le comprends pas (normal, c'est un mec. Mais quand même...) Qui sait, il est peut-être amoureux de la fameuse voisine et je n’ai rien compris. Ou il n’est pas amoureux du tout. Et qui c’est qui va se retrouver encore à larmoyer comme une imbécile ?


Caroline, bien que très absorbée par ses études et son nouveau copain, s’aperçoit que sa sœur est de plus en plus absente et que même les plaisanteries préférées de leur père n’arrivent plus à la faire sortir de ses rêveries. Contrairement à leurs parents qui pensent que Livie est perturbée par son futur bac de français et par les quelques notes en math inférieures à ses 17/20 habituels, Caroline se demande s’il n’y a pas un garçon derrière tous ces regards absents. Augustin, par exemple, dont Livie parlait beaucoup à la rentrée et qu’elle n’évoque plus du tout, même lorsque l’on fait allusion à lui. Caroline va dans la chambre de Livie, bien décidée à tirer les vers du nez de sa trop discrète sœur.
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