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Introduction

undefinedMais qui c'est cette cigale qui se prend pour une fille ? Ou cette fille qui se prend pour une cigale ? Et cette histoire de fourmis, c'est quoi au juste ?

Bonjour ! Je m'appelle Cinderela, cigale de mon état, et je vis avec mon chat-rançon angora, Chat-Limar, chat politique et chat-teigne certifiés.  Quant aux fourmis mes voisines, mais pas nécessairement mes copines, c'est une longue histoire... lisez plutôt  les derniers articles en ligne ! Ou allez faire un tour chez Les équipières où je coblogue avec les copines.

    Si j'étais un objet je serais un vase à pieds - Pour me déplacer dès que les autres ont le dos tournéundefined
    Si j'étais un animal je serais une cigale - Je chanterais tout l'été et sur les blogs m'amuserais
    Si j'étais un fruit je serais une fraise Tagada - Pour être assortie à mon chat à moi   
    Si j'étais un vêtement je serais une écharpe - Flashy, rigolote et surtout pas tarte
    Si j'étais une couleur je serais orange - Pour briller et embraser tous les coins étranges

 

 
Bienvenue à toi, ami insecte de passage sur ce blog. 
Samedi 29 décembre 2007
Lundi, Livie se sent débordante d’énergie et très motivée.
Le matin, oral : Don Juan, la scène de la statue du commandeur. Facile, se dit Livie, mon texte préféré, c’est un signe du destin. Et elle réussi très bien son épreuve.

L’après-midi, commentaire de texte : Il ne m’est Paris que d’Elsa, d’Aragon. Re-facile !  Livie est aux anges, ce texte est merveilleux, romantique à souhait. Elle regarde fréquemment du côté d’Augustin et lui fait des signes mais celui-ci ne lève pas les yeux de sa copie.

Trois heures et trois copies doubles plus loin, elle dévale enfin les escaliers de la salle d’examen. Elle repère Augustin dix mètres devant elle, se met à courir et le rattrape à la sortie du bâtiment.

« COUCOU ! Alors, ça c’est bien passé ? Tu es content ? Tu as vu le texte que l’on a eu ? C’est une sacré coïncidence, hein ? Livie s’arrête de parler pour remonter son sac sur son épaule et reprendre son souffle.
- Bof, répond Augustin.
- Bof, c’est tout ? Dire qu’on nous en a fait tout un monde de se bac blanc, en fait, c’est toi qui avait raison, inutile de se prendre la tête pour ça.
- Ca c’est toi qui le dit, répond Augustin du bout des lèvres.
- Au fait, si on retournait à la patinoire jeudi prochain, c’était vraiment génial la dernière fois. Ca te dirait ?
- Ca ne dépend pas uniquement de moi. »

Pendant que Livie médite cette réponse qui lui paraît bien énigmatique, ils rejoignent les autres qui les attendent. Ils commencent à partir à pied en direction des cinémas.
« Alors, dit une élève de la classe d’Augustin, elle nous rejoint au cinéma ta nouvelle petite amie ?
- Quelle petite amie ? demande Apolline.
- Je sais tout ! réplique Sébastien. Pendant que vous les studieuses, bûchiez votre français, monsieur jouait les jolis coeurs. Tu ne leur a pas raconté Augustin ?
- Pas encore. En fait, samedi, ma voisine du dessus était là. Elle s’appelle Marianne et c’est aussi une amie de celui qui organisait la soirée. Elle avait entendu dire que j’avais embrassé quelqu’un et elle pensait que c’était sérieux entre nous, ce qui était faux, bien sûr. »

Livie se rapproche le cœur battant et le regarde fixement. Augustin détourne la tête et hausse les épaules.
« Elle m’a dit qu’elle était bouleversée car je lui avait toujours plu mais qu’elle était trop timide pour avoir osé me le dire, continue Augustin sans prendre garde à Livie qui commence à changer de couleur. Elle et moi, ça a collé tout de suite. Elle est jolie, un peu dans le style de Livie, mais avec beaucoup plus de charmes, si vous voyez ce que je veux dire. Elle est beaucoup plus drôle aussi et beaucoup plus gentille, ce qui n’est pas franchement difficile. Et beaucoup moins coincée. Au deuxième slow, on s’est embrassé, c’était génial. C’est l’amour fou. Je danse, je bondis, je vole ! »

Je vais vomir, se dit Livie. Elle a l’impression d’avoir pris un coup de poing dans l’estomac. Elle sent le sol qui tangue, tout tourne autour d’elle et elle a l’impression de se liquéfier sous les regards stupéfaits des autres. Elle se sent pâlir, fait un effort pour ne pas éclater en sanglots et dit d’une voix qu’elle a du mal à reconnaître :
« On va voir quoi ce soir ?
- Une comédie sentimentale, décrète Augustin. Ah, l’amour, ça vous change un homme. »
Et il continue dans son bonheur égoïste à vanter les innombrables qualités de sa dulcinée « un peu comme Livie mais en mieux, tiens c’est marrant je n’y avais pas pensé avant », sans se demander une seconde ce qu’elle peut ressentir.
Livie a tellement pâli que son teint est verdâtre en arrivant au cinéma. Augustin de précipite vers sa « seule et unique raison de vivre ».
« Non mais je rêve ! s’exclame Apolline. Elle porte des lunettes affreuses, elle est moche en plus, en fait c’est un vrai boudin. Et pour couronner le tout c’est une vieille, elle a au moins 20 ans ! Viens, Livie, dit-elle en la prenant par le bras pour l’arracher à la contemplation d’Augustin embrassant Marianne, on va aller voir autre chose qu’une niaiserie sentimentale avec les tourtereaux. » Et elle choisit un film de science-fiction à grand renfort de montres baveux et de pistolets-laser. Livie la suit avec empressement.
Elle pleure pendant tout le film. Apolline, compatissante, lui fait passer les mouchoirs. Elle n’arrive à se ressaisir qu’à la fin du film. En sortant, elle a le nez et les yeux rouges.
« Tiens, dit Augustin qui les attendait dehors, notre Livie nationale aurait-elle une âme sensible ? Moi qui croyais que tu n’avais pas de cœur. On va manger un hamburger ?
- Sans moi, dit Livie, je rentre.
- Moi aussi, dit Apolline.
- Les filles, dit Augustin, vous ne vivez pas. Amusez-vous un peu, sortez le nez de vos bouquins, aimez ! Sinon vous allez vous dessécher et rester vieilles filles toute votre vie. S’il n’est pas déjà trop tard.
- Retiens-moi ou je fais un malheur, glisse Livie à Apolline sans desserrer les dents.
- Prenez exemple sur Marianne, voilà une fille qui sait prendre la vie du bon côté elle, ce n’est pas comme vous, continue Augustin en aggravant son cas aux yeux de Livie. N’est-ce pas mon roudoudou d’amour ?
- Tu es trop gentil mon chéri.
- Viens Livie, dit Apolline en retenant son amie qui s’apprêtait à gifler le chéri du roudoudou. L’amour le rend idiot.
- Il l’était déjà avant, grince Livie.
- Vous êtes de grosses jalouses, rétorque Augustin en embrassant le roudoudou.
- Viens Livie, insiste Apolline en voyant ses yeux se remplir de larmes. »
par Cinderela publié dans : Rêveries & cie (nouvelle) communauté : L'écriture dans tous ses états
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